Gérer un désaccord, désamorcer une tension, faciliter une décision collective : ces situations font partie du quotidien de tout manager. Pourtant, très peu d'entre nous y sont réellement formés.
C'est précisément pour répondre à ce manque que la House of Training propose, en partenariat avec le Centre de Médiation Civile et Commerciale (CMCC), le parcours Manager en communication médiative — un programme certifiant de 160 heures, modulaire et progressif, conçu pour doter les professionnels des outils concrets de la médiation.
Dr. Jan Kayser, directeur du CMCC et médiateur agréé par le ministre de la Justice, co-anime ce parcours avec Beate Voskamp et Stefan Kessen, médiateurs basés à Berlin. Il nous explique ce qui rend ce programme unique.
Dr. Jan Kayser, directeur du CMCC et médiateur agréé par le ministre de la Justice, co-anime ce parcours avec Beate Voskamp et Stefan Kessen, médiateurs basés à Berlin. Il nous explique ce qui rend ce programme unique.
5 questions au formateur sur le parcours
1. Qu'est-ce qui a motivé la création de ce parcours — et à qui s'adresse-t-il en priorité ?
Ce qui nous a motivés, c'est un constat simple : dans les organisations, la plupart des tensions ne naissent pas d'un manque de compétences techniques, mais d'un manque de compétences communicatives. Des projets échouent, des équipes se fractionnent, des décisions sont bloquées — non pas parce que les personnes impliquées manquent d'expertise, mais parce qu'elles n'ont pas les outils pour dialoguer efficacement sous pression.
Ce parcours s'adresse à tous ceux qui font face à ces réalités au quotidien : managers, responsables RH, avocats, chargés de projet, chefs d’équipes, médecins, architectes, entrepreneurs. Il n'est pas réservé aux médiateurs professionnels. Il est conçu pour toute personne qui souhaite mieux communiquer, mieux négocier, et mieux gérer les situations difficiles — quelle que soit son organisation ou son secteur.
2. Le parcours est constitué de 11 modules indépendants. Comment fonctionne cette logique modulaire en pratique ?
La modularité est au cœur de notre approche, et c'est ce qui rend ce parcours véritablement accessible. Chaque module est autonome : on peut le suivre seul, en fonction d'un besoin précis. Un manager qui souhaite uniquement travailler sa posture dans les conflits émotionnels peut s'inscrire au Module 9 (« Conflits hautement émotionnels ») Quelqu'un qui veut explorer les techniques de négociation ira directement au Module 6 (« Négocier en focalisant les intérêts »)
Mais les modules sont aussi cumulables et progressifs. Pris dans leur ensemble, ils constituent une formation de fond de 160 heures, qui couvre l'intégralité des compétences médiatives — des fondamentaux jusqu'à la supervision et au management de qualité. Pour ceux qui visent un agrément officiel en tant que médiateur, cette progression répond aux exigences du CMCC, du ministère de la Justice et de l'ALMA.
La liberté de construire son propre parcours, c'est aussi une façon de respecter la réalité des professionnels : leurs contraintes de temps, leurs priorités, leur niveau de départ.
3. Qu'est-ce que les participants seront concrètement capables de faire à l'issue du programme ?
Avant tout, ils seront capables d'aborder différemment les situations difficiles — non plus en cherchant à « avoir raison », mais en cherchant à comprendre les intérêts en jeu et à créer les conditions d'un accord durable.
Concrètement, selon les modules suivis, ils pourront : mener des conversations difficiles avec calme et méthode, faciliter une négociation en focalisant les parties sur leurs intérêts plutôt que sur leurs positions, représenter graphiquement une situation de conflit pour la rendre lisible et partageable, gérer des situations à forte charge émotionnelle sans perdre leur posture, et — pour ceux qui visent l'exercice professionnel — structurer et conduire un processus de médiation complet.
Ce que les participants nous disent souvent à la fin, c'est qu'ils ne voient plus les conflits de la même façon. Ils y voient des opportunités de dialogue, plutôt que des menaces à neutraliser.
4. En quoi ce parcours se distingue-t-il d'une formation classique en communication ou en management ?
La différence fondamentale, c'est l'ancrage dans la pratique et dans la posture. Une formation classique en communication vous apprend à mieux formuler vos messages. Ici, on va beaucoup plus loin : on vous apprend à vous positionner comme tiers, à créer un espace de dialogue sécurisé, à travailler sur la dynamique relationnelle elle-même.
La pédagogie est résolument expérientielle. On ne parle pas de la médiation — on la pratique. Les participants sont mis en situation, ils jouent des rôles, ils s'exercent à des techniques précises, ils reçoivent des retours. C'est cette dimension incarnée qui fait la différence.
Il y a aussi la richesse du regard croisé : Beate Voskamp et Stefan Kessen apportent une expertise forgée dans le contexte germanique, moi dans le contexte luxembourgeois et français. Cette double perspective enrichit considérablement les échanges et la compréhension des dynamiques culturelles dans les conflits.
Enfin, ce parcours bénéficie d'une reconnaissance officielle — ce n'est pas anodin pour ceux qui envisagent un agrément ou souhaitent faire valoir leurs compétences dans un cadre professionnel.
5. Quel est le message essentiel que vous souhaitez que les participants emportent avec eux ?
Que la médiation n'est pas une discipline réservée aux cas extrêmes ou aux spécialistes du droit. C'est une façon d'être en relation — une posture, une écoute, une méthode — que chacun peut développer et intégrer à sa pratique professionnelle quotidienne.
Aujourd'hui, alors que l'intelligence artificielle transforme rapidement le monde du travail, les compétences les plus humaines deviennent aussi les plus précieuses. C'est d'ailleurs le constat partagé par de nombreuses études internationales publiées notamment par le World Economic Forum, l'OCDE, la Banque mondiale, LinkedIn ou PwC : les organisations recherchent plus que jamais des professionnels capables d'écouter, de communiquer, de gérer les conflits, de créer de la confiance et de construire des solutions communes. Ce sont précisément les compétences que développe notre formation et que l'intelligence artificielle ne peut pas remplacer.
Au-delà des outils, j'espère que les participants repartent avec une conviction : que prendre le temps du dialogue, c'est gagner du temps. Que ralentir pour écouter vraiment, c'est souvent le chemin le plus court vers une solution durable.
Si, au sortir du parcours, ils abordent les tensions de leur environnement professionnel avec plus de sérénité, plus de méthode et plus de confiance en leur capacité à faciliter le dialogue — alors ce programme a pleinement atteint son objectif.
Si, au sortir du parcours, ils abordent les tensions de leur environnement professionnel avec plus de sérénité, plus de méthode et plus de confiance en leur capacité à faciliter le dialogue — alors ce programme a pleinement atteint son objectif.